Affaire du riz pakistanais: Démêler le vrai du faux
L'affaire de riz impropre à la consommation saisi au port autonome de Conakry continue de faire des vagues. Pour démêler le vrai du faux, nos limiers y ont fourré leur museau dans cette odeur pestilentielle.
Le 25 novembre 2021, un stock de 4 514,22 tonnes métriques de riz pakistanais issu du débarquement du navire bateau M/V Sophia Ocean a été saisi au quai commercial du port autonome de Conakry. Importé par la société Sion, représentée par M. Ali Hussain Sachin UKRANI et IBT Transit, ce riz a été déclaré impropre à la consommation humaine par les services de l’office national de contrôle qualité (ONCQ).
Dans son constat, une inspection du navire pointe du doigt: des moisissures, une formation des filaments de chenille, une décoloration des grains combinée aux grains de riz paddy, de la poudre blanche des farinettes, des corps étrangers, une mauvaise odeur de moisis mélange de marques et diversité d’emballages.
Au regard des résultats d’analyses organoleptiques, « nous déclarons que cette cargaison de riz blanc pakistanais de 25% et 5% de brisure est de qualité douteuse, en attendant les résultats d’analyse en laboratoire pour confirmation », peut-on lire dans le rapport de constat du poste de contrôle de qualité du port autonome de Conakry.
Pour la précaution, l’ONCQ a instruit l’arrêt systématique des opérations de débarquement et l’établissement d’une notification de saisie conservatoire de tout le stock incriminé ainsi que la mise sous scellé du magasin contenant la quantité de 2000 tonnes déjà débarquée.
Lisez ou télécharger le procès verbal à partir des liens ci-dessous
Et le 2 décembre, une concertation technique a réuni au siège de la société Alport concessionnaire du quai commercial, sous la présidence M.Cellou Garaya Diallo directeur national de la marine marchande, les représentants de 11 services pour discuter de la gestion de ce riz.
A l’issue des débats houleux axés sur le débarquement de toute la cargaison pour libérer le navire battant pavillon Panama, afin d’éviter une violation des conventions maritimes internationales et la destruction de tout le stock ou son orientation vers la consommation animale, il a été conclu un procès-verbal qui stipule « le refoulement pur et simple du navire et le rembarquement du stock de riz se trouvant dans les magasins d’Alport pour éviter tout risque de le retrouver sur le marché ».
En exécution de ce procès-verbal et de la loi relative à la protection des consommateurs, au contrôle des denrées, marchandises et services, et à la répression des fraudes commerciales, une notification de saisie conservatoire du 26 novembre a été signifié à M.Ali Hussain (pour qui les documents de voyages ont été confisqués) avec lieu de dépôt le magasin EMAGUI.
De tractations en tractations entre les autorités guinéennes et pakistanaises, la direction générale de l’ONCQ écrira le 29 novembre, aux directeurs généraux de la douane et de Alport Guinée, pour édicter des dispositions à prendre pour « le rembarquement du stock débarqué et le refoulement pur et simple du navire avec son contenu ».
Les services du port autonome de Conakry ont commencé le programme de retournement du stock du riz pakistanais incriminé, à travers des conteneurs. Ce 8 décembre-là, dix camions ont été programmés pour la procédure de conditionnement. Et, selon nos informations, ce n'est pas le navire incriminé qui va ramener le stock incriminé mais plutôt un autre navire qui se trouve au quai de Bolloré (c’est Bolloré qui s'est chargé du port conteneur) mais le navire incriminé est toujours en rade au Port Autonome de Conakry.

