Cour des Comptes de Guinée : Une tauromachie de haute volée pour un bélier de Tabaski

Dans l’après-midi de ce 20 juin 2023, à cause du non-paiement de 170 millions GNF, représentant un mois d’arriérés de salaire et de la prime de mouton pour la prochaine fête de Tabaski, des juges référendaires de la Cour des Comptes qui souhaitaient, pour la seconde tentative, porter cette revendication au Premier Président de cette juridiction, M. Joseph Saa Kadouno, ont été, selon des témoins, « humiliés par un des gendarmes composant l’équipe de garde de corps » accusé d’avoir illégalement enregistré les magistrats grognards. 

Et pour éviter une rixe publique entre magistrats référendaires presqu’en fin de manadat et gendarmes de la garde rapprochée, le Garde des Sceaux Ministre de la Justice et des Droits a, selon toujours des témoins, dépêché dans la soirée de ce mardi une équipe conduite par la très respectable magistrate de carrière Irène Adjimalis Thiam, afin de calmer les ardeurs. 

Sur le registre 12 griefs contre le Premier Président Kadouno à savoir « le refus d'accorder des formations aux magistrats dans le budget de la Cour, l’octroi d'avantages injustifiés aux anciens membres de la Cour, la suppression de l'accord de prise en charge sanitaire signé par l'ancienne équipe, la faible capacité d'absorption des ressources allouées à la Cour par manque d'initiatives, l'instauration du clanisme à l'intérieur de la Cour, des sorties irrégulières de fonds dans le compte de la cour sans actes, l’exécution d'un budget non validé en plénière, le mauvais management du personnel, le refus de recevoir les magistrats dans son bureau pour parler des problèmes de la Cour, un Président d'institution de contrôle qui cherche à se faire parrainer par les contrôlés, la démotivation totale de l'ensemble du personnel et tout ceci se passe au vu et au su du [Commissaire Général du Gouvernement] ». Soit tout un « Lafidi » d’erreurs de sens dans le leadership du Président de la Cour. 

Cependant, en croire une source interne qui s’oppose auxdites dénonciations « c'est [l’ancienne équipe] et son réseau de jeunes magistrats et assistants de vérification que cette équipe avait coopté sous une coloration régionale, qui voudraient profiter d’une situation très ordinaire pour déstabiliser le Premier Président et demander le retour de [l’ancienne Présidence de la Cour] ». Et comme l’a soutenu Descartes, « l’ordre des raisons s’insère dans l’histoire d’un sujet que ces raisons affectent, transforment et forment ». 

Pour cette source interne, dans le processus de recrutement de ces magistrats « il n’y avait pas dans les visas, la preuve de l’appel à candidatures ni le procès-verbal de dépouillement des offres et autres. C'est une simple cooptation frauduleuse de parents et protégés, dont un couple, des frères et sœurs etc. Un tel acte est constitutif de fraudes par rapport à la loi anti -corruption, conflit d’intérêt et avantages illégaux accordés sur fonds publics » (lire ci-jointe la décision portant proclamation des résultats définitifs de test de recrutement des assistants vérificateurs à la Cour des Comptes).

Tout ce brouhaha dû « au manque de rigueur de management des ressources humaines par le Président Kadouno » intervient à un moment où selon une autre source interne, la condamnation de M. Ousmane Fofana Trésorier régional de Kindia, par un arrêt définitif du 28 février 2023 de la chambre des comptes de l’État, marque un départ historique vers la refondation de l’esprit de contrôle de gestion financière en Guinée. Cet arrêt, deuxième du genre depuis 1958, stipule en son article 16 que, la décharge de M. Fofana, au titre de sa gestion pour les exercices de 2016 à 2018, ne pourra être donnée qu’après apurement des débets, soit un montant total de 3,9 Milliards GNF.