Le combat contre la vente illicite des faux médicaments: Une pierre dans la bouche de l'hydre
Assainir le secteur médical, paramédical et pharmaceutique sur toute l'étendue du territoire était un projet noble, pour la santé des populations. Mais pour atteindre cet objectif global, la défaillance d'une seule partie prenante pourrait affaiblir cette vision salutaire. Comme on le sait, malgré la détermination du Ministère de la Santé, l'opération de lutte contre les faux médicaments avait été précédée par un bras de fer entre le Ministère de la Justice à travers le Parquet général et la Direction Générale de la Gendarmerie (également direction de la Justice militaire).
En effet, sous l’imperium de M. Alphonse Charles Wright, le Parquet Général près la Cour d'Appel de Conakry a suspendu ce 3 août 2022, l'habilitation de deux officiers de police judiciaire pour entre autres, corruption au préjudice d'un citoyen nigérian.
Ceux-ci ainsi que d'autres sont toujours poursuivis devant la chambre correctionnelle de la Cour d'Appel de Conakry. Et ils risquent gros, car les infractions poursuivies sont graves comme il s'agit des cas de corruption, de concussion, d'abus d'autorité et d'abus de fonction.
Auparavant, le 28 mars, M.Wright signait la décision de suspension provisoire de l'habilitation de l'officier de police judiciaire colonel Abdoul Rahim Baldé soi-même directeur général adjoint de la Direction Centrale des investigations judiciaires de la Gendarmerie pour "des faits présumés de corruption constitutifs de manquement graves aux obligations liées aux fonctions de police judiciaire".Et proclamer que le colonel Baldé est un des bras droits du Général Balla Samoura n’est pas une nouvelle, mais une répétition de l’évidence. Ainsi, le bras de fer latent entre Samoura et Wright « a empoisonné les préparatifs de cette opération d’assainissement du secteur de la santé » rapport une source concernée.
Et c'est dans ce contexte de crise que, le 16 septembre 2022 avait débuté l'opération de fermeture des boutiques et autres points de vente non agréés des médicaments et structures médicales et paramédicales clandestines. Opération dans laquelle la Gendarmerie devait jouer un grand rôle de premier plan, aux côtés de la Direction Générale de la Pharmacie au Ministère de la Santé.
En plus que cela devait se faire, en collaboration avec les Ministères de la Santé et de L'hygiène publique, de la Sécurité et de la protection civile et de la Justice et des Droits de l'homme. Un cocktail des corps de signes contraires.
Et c’est pourquoi, depuis la mise en route de cette opération, l'on attend encore de savoir quel a été le bilan officiel. Tandisque les faits de détournements de certains médicaments saisis, par un officier supérieur L/c Ismaël Kéïta, cet ancien responsable du service de renseignement militaire, déjà limogé et en fuite, est un cas qui sème le doute sur l'intégrité de l'opération, lire https://www.lepetitdepute.com/details-article/forces-armees-guineennes-un-colonel-soupconne-de-trafic-de-drogues-a-haut-risque-en-fuite .
Par ailleurs, l'on n’ignore pas les procédures judiciaires contre un échantillon des importateurs des médicaments qui sont en cours devant la Cour de Répression des Délits Économiques et financiers (CRIEF). En ce qui concerne ces procédures-ci, la Direction Centrale des investigations judiciaires de la Gendarmerie a-t-elle participé à l’enquête préliminaire ?
Par ailleurs, une source concernée par cette opération confiait que "la fermeture de ces pharmacies clandestines occasionnera plus de mort que les sois-disants faux médicaments. Allez à l'intérieur du pays, c'est le désastre total, aucun médicament dans les districts et d'ailleurs tous les prix ont augmenté. Les médicaments sont devenus comme la drogue, tout est devenu cher".
Pourtant, pour une source officielle "les équipes sur le terrain pour la fermeture des cliniques clandestines, points de vente et pharmacies non agréées, ont effectivement fait leur travail" et d'ajouter "presque tout est fermé à date et sur toute l’étendue du territoire national, ceci à travers des actions coordonnées depuis la Primature".
En tout cas, une réunion à la Primature avait assigné à la mission, "la fermeture de toutes les boutiques de vente de médicaments, ainsi que toutes les structures médicales et paramédicales non agréées, arrêter toutes les personnes impliquées et détruire toutes les saisies". Ce qui ne semble pas être le cas pour l'instant.

