Problématique d'évasion en milieu carcéral guinéen : Le poisson ne pourrit-il pas par la tête ?

Au Ministère de la Justice des têtes tombent au sein des magistrats et régisseurs. La main lourde de M.Alphonse Charles Wright, le Garde des Sceaux Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a encore sévi contre des magistrats, des régisseurs et du personnel médical. Il a d’abord suspendu M. Lansana Cissé, Procureur près le Tribunal de Première Instance de Boké « pour faute professionnelle contraire à son serment de magistrat ». Qui a conditionné, selon l’arrêté numéro 1994 du 06 juin 2023, « la mise en liberté de feu Mansour Bah au paiement de la somme de GNF 300 000 ».

Le défaut de paiement « de cette rançon » a occasionné le traitement non diligent de la procédure en complicité avec le juge d’instruction en charge du dossier « jusqu’à ce que mort s’en est suivi ». La décision du Ministre ajoute que la mère de la victime a ainsi subi « une forme de harcèlement moral ». Par le même acte administratif, le Ministre proclame avoir saisi immédiatement le conseil supérieur de la Magistrature contre M.Cissé.

En attendant la délibération du Conseil Supérieure de la Magistrat, M.Wright a, par l’arrêté numéro 2048 du 08 juin, promu M.Amadou Oury Diallo, précédemment substitut du Procureur de la République près du Tribunal de Première Instance de Dixinn, Procureur par intérim près du Tribunal de Boké. 

 Auparavant, M. Wright avait nommé par arrêté numéro 1996 du 06 juin, l’ancien prisonnier d’Alpha Condé, le médecin légiste Thierno Sadou Diallo précédemment chef de division santé, alimentation et cadre de vie à la Direction nationale de l’Administration pénitentiaire, au poste de Régisseur par intérim à la Maison centrale de Conakry, en remplacement de Commandant Mamadou Alpha N’diaye, suspendu et poursuivi sur injonction du Ministre, pour complicité d’évasion présumée. 

De cette petite enquête auprès de certains acteurs à la Maison centrale de Conakry, la corruption en milieu carcéral est plus profonde qu'apparente. C’est une véritable industrie qui parasite le Département de la Justice. Notamment, dans la gestion des évacuations sanitaires qui est devenue « un véritable business » qui a toujours aidé « des criminels à prendre le large, alors que ceux du droit commun auront rarement ce privilège réserve à ceux qui ne rechignent pas à débourser de l’argent à l’origine douteuse ». 

Selon une source, qui a connu la vie de pacha menée à la maison centrale par le prisonnier Sidy Mohamed Diallo autrement connu comme Junior Cissé, qui s’est évadé en juillet 2021, « les détenus pour trafic de drogue ou encore ceux issus des familles riches y sont souvent de prisonniers VIP ». Alors M.Sidy est considéré comme « un kidnappeur Es Qualité ». 

L’évasion le 05 juin 2023 de M. Ibrahim Akhlal (mandat de dépôt du 22 décembre 2022 pour des faits de faux et usage de faux en écriture publique), vient banalement allonger la longue liste des présumés criminels ou des coupables établis dont des narcotrafiquants, évadés de « ce centre d’affaires appelé Maison Centrale de Conakry ». Sinon, interroge une source, « comment peut-on comprendre que l’équipe médicale ait accepté le risque de transporter M.Akhlal par Moto, vers un hôpital de Conakry ? Cette fuite d’un présumé criminel de renommée internationale n’était qu’un cadeau offert à technicien du mal».

Pour cette source, « c’est la même légèreté qui avait permis la fuite en septembre 2022, du narcotrafiquant présumé Mamady Kaba à partir l’hôpital Ignace Deen, d’où il était en soins intensifs ».  Mais le commandant Amadou Sané, celui qui aura démantelé le réseau de trafic de cocaïne basé au domicile de Mamady Kaba, lui continue de croupire sous le contrôle des gardes pénitentiaires. 

Convenons-en, la problématique du milieu carcéral guinéen est d'ordre structurel que  «l'on ne peut pas résoudre par une solution conjoncturelle ». Et c’est pourquoi, « la faute ne revient pas qu’aux régisseurs des prisons ou encore à la garde pénitentiaire mais plutôt à des acteurs de l'administration pénitentiaire. Qui à leur partielle décharge, ont toujours remonté les difficultés auxquelles les agents pénitentiaires sont confrontés parce que n’ayant aucun moyen pour bien travailler » témoigne une source habituée à la maison centrale de Conakry.

Au dire d’une source judiciaire, « le ministre Charles Wright fait du populisme même à la maison centrale de Conakry, car il sait que certains détenus n'ont aucune chance de se laver deux fois par jour ». Et de proposer au Garde des Sceaux, « s'il souhaite changer la situation, il doit relancer le projet de la construction de la maison centrale de yorokogui ». Et ainsi, adopter une bonne politique de désengorgement des prisons en adoptant une politique des peines alternatives à l'emprisonnement et en supprimant certains délits mineurs. 

Que le ministre Charles accepte de comprendre que lui-même est un promoteur de l'incarcération dit-un proche du Ministre de la Justice. Pour cette autre source interne à la maison centrale de Conakry, le directeur national de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion ne milite pas non plus, pour le mérite dans le choix des régisseurs et «n’est-il pas un des artisans des magouilles dans les centres des détentions ? A cela s'ajoutent les procureurs qui refusent la diligence dans l'organisation des procès d'où la problématique de la détention préventive prolongée ».

Cette source rappelle qu’en juin 2022 « il y avait un enfant gravement malade à la maison centrale qui avait bénéficié d'une ordonnance d'hospitalisation par le Tribunal pour enfants. Malheureusement, il est resté sans être hospitalisé en prison, parce que le Procureur Général d'alors Charles Wright demandait à ce que toutes les mises en liberté passent par lui ».  Sur le cas de cet enfant, notre demande de réaction auprès du Ministre Wright est restée sans réponse. 

Pour l’instant les justiciables en Guinée continueront à subir la violence exercée contre eux par la partie du corps des magistrats, qui continuera à ignorer que le juge qui juge après avoir reçu un présent, n'est pas un bon juge.