Mouvements militaires inhabituels à Conakry : zones d’ombre autour d’une nuit sous haute tension

Ces derniers jours, des mouvements discrets mais inhabituels ont été observés au sein de l’appareil militaire guinéen, ravivant interrogations et spéculations dans un contexte sécuritaire déjà marqué par de fortes tensions. Selon plusieurs sources internes à l’armée, une réunion exceptionnelle de hauts gradés se tient depuis la soirée du lundi 29 décembre 2025 au siège de l’aviation militaire, qui abrite l'État-Major de l'Armée de l'Air à Conakry.
D’après ces témoignages, une part significative de la hiérarchie militaire aurait été mobilisée sur ce site stratégique, ce qui traduit un niveau d’alerte rarement observé en dehors de situations de crise majeure. Ainsi, le général Balla Samoura se serait replié sur place dès la fin de l’après-midi du 29 décembre, dans un climat décrit comme particulièrement sensible par plusieurs officiers consultés. En l’absence de toute communication officielle, cette concentration inhabituelle de commandants opérationnels interpelle, tant par son ampleur que par son caractère soudain. Elle rappelle, à bien des égards, les schémas décrits dans la littérature militaire comme caractéristiques des phases de gestion de l’incertitude stratégique ou de la menace asymétrique.
Par ailleurs, ces développements ont été accentués par l’arrivée tardive d’un aéronef civil de type Gulfstream, immatriculé N520 GP. Selon les mêmes sources, l’appareil était attendu par le général Balla Samoura, appuyé par des éléments du Groupement des forces spéciales. L’avion aurait atterri à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré aux environs d’une heure du matin. Fait particulièrement sensible, il est rapporté que l’aéronef aurait pénétré l’espace aérien guinéen sans plan de vol officiellement enregistré. Si cette information venait à être confirmée, elle soulèverait des interrogations sérieuses quant au respect des normes de souveraineté aérienne et des procédures établies par l’Organisation de l’aviation civile internationale, qui constituent un pilier fondamental de la sécurité des États.
Toujours selon ces sources, sept ressortissants étrangers se trouvaient à bord de l’appareil. Ils sont décrits comme des militaires occidentaux, supposément de nationalité d’un pays du continent américain. Cette indication, qui n’a à ce stade fait l’objet d’aucune confirmation officielle, doit être abordée avec la prudence requise.
Par la suite, ces individus auraient été interpellés par la Gendarmerie nationale, avec l’appui du Groupement des Forces Spéciales, avant d’être conduits dans une zone hautement sécurisée de la base militaire attenante à l’aéroport. L’aéronef y serait immobilisé depuis ce matin du 30 décembre, où des auditions et vérifications seraient en cours sous la supervision directe de la haute hiérarchie militaire.
Ces événements prennent une résonance particulière au regard du climat sécuritaire récent. En effet, deux jours plus tôt, le 27 décembre 2025, le quartier de Sonfonia, à Conakry, a été le théâtre de violents échanges de tirs nocturnes opposant les forces de défense et de sécurité à un groupe armé local non identifié, selon nos sources. De plus, des informations sécuritaires recoupées indiquent que les forces guinéennes auraient alors bénéficié d’un appui aérien attribué à des coopérants militaires d’un pays allié. Cette assistance aurait contribué à la neutralisation des assaillants en débandade, sans qu’un bilan officiel détaillé n’ait, à ce stade, été rendu public.