Témoignage en hommage à Diallo Souleymane
Le monde de la presse africaine a perdu l’un de ses plus grands baobabs. Le 1er juin, Diallo Souleymane, affectueusement appelé « Le Gros-Yala », a déposé la plume pour l’éternité.
Pour moi, il n’était pas seulement un journaliste de talent. Il était un maître, un guide et un modèle. Alors que je n’étais qu’un jeune stagiaire venu du Lycée de Gaoual, il m’a accueilli avec bienveillance et m’a initié à l’art de l’écriture simple et efficace. Grâce à lui, j’ai découvert la passion du journalisme d’investigation. Peu à peu, cette passion a transformé ma vie et a changé le cours de mon destin.
Alors que ma famille me voyait dans la médecine ou les sciences, Diallo Souleymane m’a encouragé à suivre ma vocation. Il m’a appris que la réussite exige de la discipline, du courage et une formation permanente. Son conseil était toujours le même : devenir compétent au point d’être indispensable.
Par la suite, il m’a confié des responsabilités importantes au sein de l’Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante. Là encore, il m’a transmis des leçons précieuses sur la gestion des conflits, la patience et l’humilité. Ses enseignements continuent encore aujourd’hui d’éclairer mon parcours professionnel.
Plus tard, lorsqu’une opportunité s’est présentée dans le secteur minier et au sein de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives, il m’a donné une recommandation qui a marqué ma vie : rechercher sans cesse le savoir et le renforcement des capacités. J’ai suivi ce conseil avec conviction. Depuis lors, chaque formation, chaque diplôme et chaque expérience acquise portent l’empreinte de sa vision.
Le 3 mai 2025, lors de notre dernière conversation téléphonique, je lui ai promis de mettre mes connaissances acquises, notamment dans le cadre de mon MBA, au service du Groupe de presse Le Lynx-La Lance. Il m’a remercié avec sa sagesse habituelle et m’a conseillé de ne pas précipiter mon retour en Guinée. Aujourd’hui, je comprends que ces mots étaient peut-être son dernier message.
Je garde cependant une dette morale envers lui : celle de poursuivre son œuvre, de transmettre le savoir à mon tour et de servir avec intégrité les causes auxquelles il croyait.
Merci pour tout, cher mentor. Merci pour les conseils, les opportunités et la confiance. Votre héritage continuera de vivre à travers ceux que vous avez formés et inspirés.
Reposez en paix, Diallo Souleymane. Que la terre vous soit légère et que Dieu vous accorde Sa miséricorde infinie.
Amen.
"Le Koumbattant"

